Nextdoor
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Sur la corde raide de l'existence, jouer les funambules entre réel et possible, neurasthénie et sommeil de Dieu
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Libellés : Orléans
" [...] le juste salaire devient en chaque cas la vérification concrète de la justice de tout le système socio-économique et en tout cas de son juste fonctionnement. Ce n'en est pas l'unique vérification, mais celle-ci est particulièrement importante et elle en est, en un certain sens, la vérification clé.
Cette vérification concerne avant tout la famille. Une juste rémunération du travail de l'adulte chargé de famille est celle qui sera suffisante pour fonder et faire vivre dignement sa famille et pour en assurer l'avenir. Cette rémunération peut être réalisée soit par l'intermédiaire de ce qu'on appelle le salaire familial, c'est-à-dire un salaire unique donné au chef de famille pour son travail, et qui est suffisant pour les besoins de sa famille sans que son épouse soit obligée de prendre un travail rétribué hors de son foyer, soit par l'intermédiaire d'autres mesures sociales, telles que les allocations familiales ou les allocations de la mère au foyer, allocations qui doivent correspondre aux besoins effectifs, c'est-à-dire au nombre de personnes à charge durant tout le temps ou elles ne sont pas capables d'assumer dignement la responsabilité de leur propre vie.
L'expérience confirme qu'il est nécessaire de s'employer en faveur de la revalorisation sociale des fonctions maternelles, du labeur qui y est lié, et du besoin que les enfants ont de soins, d'amour et d'affection pour être capables de devenir des personnes responsables, moralement et religieusement adultes, psychologiquement équilibrées. Ce sera l'honneur de la société d'assurer à la mère sans faire obstacle à sa liberté, sans discrimination psychologique ou pratique, sans qu'elle soit pénalisée par rapport aux autres femmes la possibilité d'élever ses enfants et de se consacrer à leur éducation selon les différents besoins de leur âge. Qu'elle soit contrainte à abandonner ces tâches pour prendre un emploi rétribué hors de chez elle n'est pas juste du point de vue du bien de la société et de la famille si cela contredit ou rend difficiles les buts premiers de la mission maternelle.
Dans ce contexte, on doit souligner que, d'une façon plus générale, il est nécessaire d'organiser et d'adapter tout le processus du travail de manière à respecter les exigences de la personne et ses formes de vie, et avant tout de sa vie de famille, en tenant compte de l'âge et du sexe de chacun. C'est un fait que, dans beaucoup de sociétés, les femmes travaillent dans presque tous les secteurs de la vie. Il convient cependant qu'elles puissent remplir pleinement leurs tâches selon le caractère qui leur est propre, sans discrimination et sans exclusion des emplois dont elles sont capables, mais aussi sans manquer au respect de leurs aspirations familiales et du rôle spécifique qui leur revient, à côté de l'homme, dans la formation du bien commun de la société. La vraie promotion de la femme exige que le travail soit structuré de manière qu'elle ne soit pas obligée de payer sa promotion par l'abandon de sa propre spécificité et au détriment de sa famille dans laquelle elle a, en tant que mère, un rôle irremplaçable"Paragraphe 19, 1981
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Libellés : Travail
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"Je ne sais rien qui m'ouvre plus facilement des vers, et d'ailleurs n'importe quelle page, que les noms de lieux, de rivières, de provinces, de villes."Corée l'absente, p. 11
"Gia mi fut dolci inviti a empir le carte / I luoghi ameni"Car c'est d'abord le coeur débordant de ses chers souvenirs italiens que Stendhal entreprend de dicter son oeuvre. Mais plus loin, les lieux de l'action, les noms de lieux, les déplacements et les voyages, les franchissements de frontières et les lieux où l'on habite constituent une trame passionnante pour la lecture de l'oeuvre.
"Jadis me furent une douce invitation à écrire / des lieux charmants"Sat. IV
"Je lis fort peu"p. 667 dans l'édition Folio de Mariella Di Maio
"Le beau style de M. de C[hateaubriand] me sembla ridicule dès 1802. Ce style me semble dire une quantité de petites faussetés. Toute ma croyance sur le style est dans ce mot"Ibid.
" [...] je lis peu de nos livres. A l'exception de Mme de Mordauf et des ouvrages de cet auteur, de quelques romans de George Sand et des nouvelles écrites dans les journaux par M. Soulié, je n'ai rien lu de ce qu'on imprime.
En composant la C., pour prendre le ton, je lisais de temps en temps quelques pages du Code Civil"Seconde version de la lettre, p. 670.
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Libellés : Littérature
Divorce à Buda, Sandor Maraï
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Libellés : Littérature
Nous aussi, durant notre jeunesse, nous étions asservis aux éléments du monde. Mais quand vint le plénitude du temps, Dieu envoya son fils [...].Phrase qui rappelle combien la condition humaine est susceptible de se laisser dominer par le pouvoir des éléments, par les astres et les croyances idolâtres. L'assimilation du Christ - et de sa mère, stella maris - à un astre, sa désignation par une étoile, reprenant des symboles puissants des religions païennes, rappelle surtout que l'incarnation change tout: que l'homme n'est plus soumis aux éléments du monde et à la puissance des astres, et que ce tout petit enfant vers lequel les mages avancent est le seul astre qu'il légitime d'adorer, le seul dieu que l'on puisse adorer en gagnant sa liberté, venant écraser toutes les idoles et toutes les croyances aliénantes...
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"Très Chère, il me faut me hâter en t'écrivant; j'essaierai pourtant de t'écrire quelque chose, fût-ce très peu de chose, qui puisse, en une certaine mesure, réveiller ta joie.
Car enfin tu es imprimée dans la moëlle de mon coeur, et loin que je puisse t'oublier, j'évoque au contraire d'autant plus souvent ta mémoire, que je sais combien tu m'aimes avec sincérité, et de toutes les entrailles de ton coeur"
"La santé que je désire pour moi-même, je la désire aussi pour toi, ma fille très chère; car avec ton coeur mon coeur est un dans le Seigneur"L'union amoureuse de Jourdain et de Diane est vécue dans le corps aimant de Jésus, comme une eucharistie au sein du suprême sacrifice d'action de grâce. Dépassant sans en supprimer l'intensité tragique la contradiction fondamentale exprimée dans ce passage de l'Homme sans qualités:(lettre 43, page 123)
"Comment s'expliquer que l'idéal de tous les amants soit de devenir un seul être, quand ces ingrats doivent presque tout l'attrait de l'amour au fait qu'ils sont deux et de sexe délicieusement différents?"Devenir un seul être, dans le corps du Christ: l'expérience de l'amour comme celle de l'eucharistie fait éprouver aux hommes la réalité de la communion universelle dans le corps mystique du Christ, qui se révèlera lors de la plénitude des temps où tous seront en tous. "Deux et de sexe délicieusement différent", Diane et Jourdain communient dans le corps du Christ où s'épanche leur profonde affection mutuelle. S'apportant tous deux force conseils et soutien, au long des séparations, quant à leurs ministères respectifs.(II, chap. 56, p. 582)
"Le temps dont je dispose à présent est trop court pour que je t'écrive, ainsi qu'il me serait doux, une de ces lettres comme tu les aimes.Toute la puissance réthorique d'un frère prêcheur pour exprimer la profonde union entre l'amour de Dieu et celui qu'il éprouve lui-même... Union des coeurs et des corps dans le coeur et le corps de Dieu. L'union des corps est manifeste:
Cependant je t'écris, et je t'envoies le Verbe abrégé, fait tout petit dans la crèche, qui pour nous S'est incarné Verbe de salut et de grâce, Verbe de douceur et de gloire, Verbe qui est le très bon, le très suave Jésus-Christ; et Jésus-Christ crucifié, exalté sur la croix et élevé à la droite du Père, vers laquelle et par laquelle tu élèves ton âme - y soit-elle en paix, sans fin, pour les siècles des siècles!
C'est ce verbe qu'il faut relire dans ton coeur, repasser dans ton esprit; c'est sa douceur qu'il faut avoir en ta bouche comme celle du miel. C'est ce verbe qu'il faut méditer sans cesse, sans cesse rouler dans ta pensée: qu'il demeure en toi, et habite toujours en toi.
Il est encore un autre verbe, petit et bref: c'est ma tendresse, qui a ta dilection parlera pour moi dans ton coeur et rassasiera ton désir. Que ce verbe soit toujours avec toi, qu'il demeure aussi toujours en toi"(lettre 31, p. 99)
"Maintenant je suis près de partir pour la Lombardie et j'espère que dans peu de temps, grâce à Dieu, je te verrai. J'ai su que tu t'étais blessée au pied; et j'ai mal à ton pied. Te voila avertie de te montrer prudente, et en ce qui est de ton pied, et en ce qui est de tout ton corps"Jourdain s'attache à modérer les excès passionnés de Diane et l'incite à ne pas négliger son corps, sa nourriture (lettre 14, p. 54) et sa santé.(lettre 47, p. 133)
"Je ne te paie pas de retour, je le crois fermement, car tu m'aimes plus que je ne t'aime. Mais je ne veux pas que cette affection, qui m'est douce, éprouve trop ton corps ou trouble trop ton âme"Mais l'affection fait exploser les cadres spatio-temporels et les deux amis se voient en rêves (lettre 46) ou évoquent leur présence spirituelle l'un à l'autre:(lettre 15, p. 57)
"Mais encore que je ne vienne pas te rendre visite en mon corps, je n'en suis pas moins avec toi en esprit car où que j'aille, en mon corps, je demeure avec toi, en esprit; et toi qui demeures corporellement je t'emporte avec moi, spirituellement"Diane et Jourdain auront toute leur vie fait l'épreuve de la séparation, thème qui recoupe dans les lettres celui de la mort, séparation si brutale, qui est aussi promesse d'union totale... Ainsi cette lettre 17, déchirante, où Jourdain évoque la mort de son cher Henri, en pleine jeunesse:(lettre 41, p. 118)
"Quand Dieu essuiera toute larme des yeux de Ses saints, Il essuiera aussi ces larmes amères que, depuis mon départ, tu as si abondamment versées. Non sans doute à la mesure de l'immense chagrin de ton coeur, j'avais espéré, sous l'inspiration du doux Esprit Consolateur, pouvoir t'envoyer quelques consolations; mais voici que mon espérance a fui, parce que toute consolation s'est dérobée de mon âme. Car Celui qui divise et départage entre tous, comme il lui plaît, Celui-là même qui ne séparera plus les Frères unis, il lui a plu de les séparer, Il les a séparés, c'en est fait"La douleur extrême de Jourdain, qui perd son fils spirituel et son frère en saint Dominique, ne trouve sa consolation que dans l'espoir d'accéder à cette joie parfaite que le Christ a promise. Mais cette expression dont la foi n'enlève rien à la puissance tragique n'est rien à côté de la dernière lettre envoyée à sa soeur Diane. Jourdain sait alors que sa mort est proche: son souci n'est plus tant celui d'apporter une consolation à Diane que de lui exprimer le fond de son âme.(lettre 17, p. 61)
"Du reste, c'est peu de choses, Chère, que ce que nous nous écrivons l'un à l'autre: c'est au plus profond de nos coeurs qu'est la ferveur de dilection dont nous nous aimons dans le Seigneur; et c'est là, dans cette intime affection de la Charité, que tu me dis, et que je te dis sans fin, ce que nulle langue ne peut dignement exprimer, et nulle lettre contenir.Les lettres de Jourdain à Diane manifestent avec éclat qu'il n'est pas de mystique qui n'aie un corps, et un corps humain. Pourquoi Dieu aurait-il pris sur Lui ce corps si ce n'était pour unir l'homme à Lui dans les profondeurs de ses entrailles désirantes?
O Diane, que l'état présent qu'il nous faut supporter est misérable, puisque nous ne pouvons nous aimer l'un l'autre sans douleur, penser l'un à l'autre sans anxiété!
Car enfin, tu souffres, tu te tourmentes parce qu'il ne t'est point accordé de me voir sans cesse; moi je me tourmente de ce que ta présence m'est trop rarement donnée.
Qui nous conduira dans la Cité forte, dans la Cité du Dieu des armées, fondée par le Très-Haut, où nous ne soupirerons plus, haletants, ni après lui, ni l'un après l'autre? Ici chaque jour nous sommes lacérés, et les entrailles de nos coeurs déchirées, et chaque jour nos propres misères nous forcent à crier: "Qui nous délivrera de ce corps de mort?"
Et pourtant nous devons patiemment porter cette vie, et autant qu'il est possible à notre quotidienne pauvreté, recueillir notre âme en Celui-là seul qui peut nous affranchir de toutes nos pauvretés, en qui seul nous trouvons le repos, et hors de qui, en tout ce que nous voyons, nous ne trouvons que tribulation et qu'abondance de douleur"(lettre 50, p. 139-140)
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Libellés : Eros-Philia-Agapè, Hagiographie, Ordre des Prêcheurs
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